Cuba libre ! (Les mojitos aussi sont délicieux)

Dernier périple de 2015 ? Direction, Cuba où tous les clichés des guides de voyages deviennent réalité : vieilles voitures américaines, eau bleu turquoise, rhum, cigares. Accompagnée de 4 amis hispanophones (pour mon plus grand bonheur), nous voilà arrivés, mercredi 23 décembre sur l’île de la République de Cuba après un vol retardé de 6 heures suite à un temps défavorable à Toronto. On a bien fait de partir.

En musique Guantanamera – Compay Secundo et Chan chan – Buena vista sont les plus connues.

Arriver à Cuba, c’est se sentir immédiatement dépaysé dès la sortie de l’aéroport à Varadero. Humidité, chaleur, couleurs vives, harmonie, sourires. Cuba est un tableau où les couleurs s’accordent et où le contraste se fait naturellement.  Vert des cocotiers, de la nature, gris de l’asphalte, rouge, vert, bleu des vieilles voitures, jaune de la peinture de la route, bleu de l’eau.

Déplacement sur l’île

Puisque nous avions choisi un hôtel à environ 16km de la Havane, dans le charmant village de Bacuranao, on avait le choix dans les moyens de transport pour se rendre à la capitale. Bus touristique, guagua prononcé « wawa » ou taxi à marchander. Première expédition s’est faite en wawa ndlr le bus qu’empruntent les Cubains pour se déplacer entre leur village vers La Havane. Bus bondé mais pas plus qu’un bus français aux heures de pointe, des Cubains très polis et courtois de sorte que tout le monde puisse embarquer dans l’autobus. Deuxième jour, allez soyons fous, on tente le taxi négocié à 5 CUC (environ 5€ pour nous 5). Vieille voiture, sièges usés, portière manquant de s’effondrer, musique cubaine sur clé USB, clignotant gauche, à la main mais on rigole bien et on arrive à bon port. Merci monsieur le chauffeur de taxi.

La Havane

La Havane. Une merveille tant tout y est beau, un bonheur pour les photographes. L’architecture variée et colorée, encore et toujours les voitures, les cafés, bars et restaurants servant jus et délicieux cocktails.

La Havane, la ville où les touristes se concentrent dans la vieille ville : Habana vieja. Hors de ce périmètre, si vous vous aventurez dans Centro Habana ou plus loin, ils deviendront de moins en moins visibles. Habana vieja est donc la zone où se concentrent les cafés pour les touristes, les spectacles de rue pour les touristes et les arnaques pour les touristes. Les chauffeurs de taxis nous appellent constamment pour proposer des rides, les serveurs des restaurants pour nous proposer à manger, des mandiants pour de l’argent. Et pour cause, on est blancs, j’ai un appareil photo autour du cou, c’est facile, je suis une touriste en visite sur l’île.

Musée de la Révolution – La Havane

Musée de « propagande » qu’on se le dise. Certes mais très intéressant pour comprendre la Révolution cubaine et le mythe actuel entretenu par le régime socialiste de Raul Castro (frère du grand Fidel). Rappelons-le, la République de Cuba est un pays communiste avec un très fort contrôle de la presse, des médias, internet reste extrêmement cher comparé au niveau de vie et contrôlé par le PCC (Parti communiste cubain). Visiter le Musée de la Révolution c’est essentiel pour comprendre la construction des mythes cubains autour de Fidel Castro et de Che Guevara qui a mis son grain de sel dans la Révolution. Visiter ce Musée c’est comprendre tout le travail effectué pour magnifier cette période et la présenter comme la seule alternative possible pour ce qu’est Cuba aujourd’hui. Ce musée permet donc aux touristes comme moi de comprendre le Cuba contemporain qui est bien différent de ce que je peux connaitre en Europe ou au Canada.

De toute façon, la propagande d’Etat est partout. Sur les routes principalement, où de grandes affiches clamant les vertus de la Révolutions sont placées à travers le pays. Cuba est une belle île, la Révolution c’est trop stylé et le Che est un dieu. Voilà ce que vous ressentirez en passant à Cuba.

Vallée de Vinales

Située à 2h30 de voiture de notre hôtel, c’est à 7h que nous partons en expédition pour les champs de tabac de cette vallée classée au patrimoine de l’Unesco. Après un trajet au milieu des voitures et bus jusque-là tout va bien, on a aussi croisé des calèches, des charrues, des vélos, des vaches, chèvres parfois en liberté sur le bord de la route. Tout va bien, sereins les Cubains.

Petite marche accompagnés de notre guide, Djendri, dans les champs de tabac, à la rencontre d’un artisan avec qui je parle allemand… Et oui, il y a un petit peu de temps les sorties de Cubains de l’île étaient autorisées vers les pays frères et l’Allemagne de l’Est était donc une destination permise par le régime. Voilà pourquoi je me retrouve donc à parler de la fabrication des cigares cubains en allemand, à Vinales.

Plage de Santa Maria

L’île est très peu large en superficie (maximum 200km) mais très longue et compte donc un nombre important de plages. Nous sommes allés sur celle de Santa Maria, la plus belle de la région entourant La Havane. Tous les clichés des Caraïbes sont là : sable fin, noix de cocos et mer bleu turquoise. C’est à faire lors d’un passage sur l’île mais pas la peine d’y passer 3 jours, vous y prendrez des coups de soleil.

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Autre moyen de gagner de l’argent à Cuba grâce au tourisme : monter dans les cocotiers pour y attraper les noix de coco et les ouvrir afin d’en retirer le jus qui rafraichit les touristes lors de leur journée à la plage. Notre ami Gabriel, qui monte aux arbres nous a ainsi servi plusieurs noix de coco.

Qu’est-ce qu’on mange ?

De la noix de coco, du riz, des haricots rouges, du poulet, du poisson, du mouton, du lapin, des fruits de mer, des coquillages, du porc, du bœuf, de la tortue, des bananes frites, de la papaye, goyave, oranges, des œufs et surement pleins d’autres choses ! Une semaine de dépaysement culinaire et de dégustation au El Bacura, petit restaurant luxueux pour Cubain situé à deux pays de notre hôtel où nous avons fêté Noël, joué au tarot à longueur de repas et testé à peu près toute la carte. Oui nous avons bien mangé à Cuba.

Vinales a été l’occasion de nous laisser guider dans petit restaurant reculé où il n’y avait pas de carte simplement la cuisinière qui venait nous proposer les plats disponibles : poisson, langouste, porc, poulet ou tortue ! Un ami veut tester de la tortue. On voit donc passer la tortue dans un seau en direction de la cuisine. A notre arrivée, un cochon attaché faisait une sieste au soleil et bien que n’ayant pas commandé de cochon, lorsque nous sommes repartis le cochon était toujours là mais seule sa carcasse était accrochée dans l’arbre. Oui oui, alors que nous attendions notre repas, nous avons assisté à la mort du petit cochon ainsi qu’à son vidage. Il n’a pas trop souffert, ce fut rapide, et au moins on sait d’où vient la viande. Les jus de fruit de ce petit restaurant étaient frais et délicieux, les plats aussi et très copieux.

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Tortue, riz aux haricots et pina colada

C’est bien au niveau des cocktails que Cuba excelle. Le rhum, dont le plus célèbre sur l’île est le Habana Club est la base de bons nombres de cocktails sur les cartes des restaurants cubains. El Bacura m’a servi le meilleur mojito de ma vie, pour seulement 3 CUC (3€), frais et parfait.

Être Cubain – vie, économie, presse

Aujourd’hui être Cubain et sortir de l’île est presque impossible de par le coût du voyage et aussi parce que l’Etat contrôle strictement la délivrance des passeports. De toute façon, sortir pour étudier, voyager à l’étranger reste soumis à une condition de retour 2 ans plus tard.

Comme dans tout bon pays communiste qui se respecte, tout le monde ou presque est employé par l’Etat. L’Etat donc verse le même salaire à tous, environ 25 CUC (25€ par mois). Mais les biens de première nécessité, logement, eau, électricité, santé, éducation, transport restent très peu chers pour les Cubains. Cependant, il semblerait que  peu de Cubains vivent uniquement avec le salaire versé par l’Etat, la débrouille, les pourboires, d’autres organisations se développent pour gagner un peu d’argent.

Un pays, deux monnaies : le peso cubain (CUP) réservé aux Cubains et le peso cubain convertible (CUC) utilisé par les touristes. Deux monnaies donc deux prix selon que l’on soit Cubain ou non. En réalité, Cuba est très fragmenté entre les lieux, services et biens réservés aux touristes et ceux réservés aux Cubains.

La presse est donc bien évidement contrôlée ainsi que la télévision. Le grand journal, vendu dans la rue est le Granma du nom du bateau ayant servi durant la Révolution de 1956 avec à son bord les grands dont Castro, le Che et Cienfuegos. Ce journal est le journal officiel du Parti communiste cubain servant à informer les Cubains mais aussi de souvenir pour les touristes de passage sur l’île.  Comme je l’ai dit précédemment, internet reste un moyen de communication utilisé et envié mais onéreux et contrôlé par le régime.

Cuba restera l’un de mes meilleurs voyages, assurément.

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El Capitolio – La Havane

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